Municipales Clermont l’Hérault 2020


QUI TROUVERA LES MOYENS DE SES AMBITIONS ET OU….?

 On ne peut pas promettre tout et n’importe quoi à n’importe qui »

En particulier les promesses faites à des intermédiaires dans les “quartiers”, perçus comme des “leaders” locaux susceptibles de mobiliser des votes. Des procédés qui s’apparentent à du clientélisme.

Les noms de listes municipales, «un concentré des clichés politiques» 

«Ensemble», «avenir», «agir» : la plupart des intitulés sont aussi rassembleurs que vides de sens. «on est passé de l’affiche de propagande à l’affiche de publicité».

  • Les noms de listes, «un concentré des clichés politiques» 

«Avec vous, tous ensemble pour vivre l’avenir» : ce slogan parfaitement creux peut faire sourire. Il est pourtant représentatif de ceux qu’ont choisis les candidats aux élections municipales. Et créé, à partir de ces données, un «nuage de mots» où la taille de chaque terme est fonction de sa fréquence. Résultat : «ensemble», «avenir» et «vivre» sont les mots les plus présents sur les affiches électorales, suivis de «vous», «tous», «avec», «union» et «agir».

Il s’agit en fait d’un concentré de tous les clichés politiques en cours ces dernières années. «Ensemble», par exemple, on ne peut plus faire une affiche sans l’utiliser. La caractéristique de ces mots, c’est qu’ils n’engagent pas. Ce sont des mots-valises, utilisables à droite, à gauche, au centre. Des mots banals, insignifiants à force de ne vouloir choquer personne. Le seul qui me surprend, et qui soit caractéristique d’une élection municipale, c’est «vivre» : c’est un mot de proximité. La surreprésentation du terme «avenir» est à mettre en rapport avec la situation économique et sociale, où cet avenir n’a jamais semblé aussi sombre.

Ce vocabulaire consensuel est-il propre aux scrutins municipaux ?

Je ne le pense pas. J’ai été frappé par la pauvreté des slogans de la dernière présidentielle. Et on retrouvera les mêmes mots aux régionales de l’année prochaine. La principale préoccupation des politiques aujourd’hui est de ne plus cliver. Depuis les années 1980, on est passé de l’affiche de propagande à l’affiche de publicité, pour émousser tout ce qui pouvait diviser l’électorat. Depuis, on pédale en roue libre, on reprend les mêmes mots, dont l’ordre semble tiré au sort, et sur lesquels chacun peut projeter ce qu’il souhaite. La seule exception concerne les partis d’extrême droite ou d’extrême gauche.

Comment espérer retenir l’attention de l’électeur avec des mots aussi creux ?

La vérité, c’est que le slogan ne sert plus à rien. C’est une formalité : il faut faire une affiche, mettre la tête du candidat et un slogan, le plus consensuel possible. D’ailleurs, sur ces affiches, les logos des partis politiques eux-mêmes sont minuscules. Certes, dans les petites communes, il n’est pas toujours utile de créer du clivage. Mais même là, on est dans l’imitation des slogans nationaux, sans humour ni originalité.

Pourquoi de nombreuses listes se réclament-elles du simple «bon sens» ?

C’est caractéristique d’une époque gagnée par la démagogie. Le bon sens, cela veut dire que les choses ne sont pas compliquées. Or ce n’est pas vrai, elles sont extrêmement compliquées. C’est un bon exemple de slogan dépourvu de tout message politique.